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LES COMMANDOS COMPAGNONS
de la LIBERATION

Le 1er Bataillon de Fusiliers Marins Commandos comptait dans ses rangs quatre Compagnons de la Libération. Ce sont:
- Le Commandant Philippe KIEFFER
- Le Commandant Alexandre LOFI
- Le Capitaine Aumonier René de NAUROIS
- Le Lieutenant Paul CHAUSSE

NOTE: La biographie du Commandant A. LOFI est disponible dans le chapitre "Officiers". Ci dessous nous présentons celle du Capitaine René de NAUROIS -Aumonier du Bataillon- Ainsi que celle du Lieutenant Paul CHAUSSE

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R. de NAUROIS, photo prise à Amfreville pendant l'Office lors de l'inauguration duMonument du Bataillon en juillet 1944

LeLt A . LOFI quelques semaines
avant le 6 juin 1944

Le Lieutenant P. CHAUSSE

LE CAPITAINE-AUMONIER RENE de NAUROIS:


Le Père de Naurois et le Colonel Dawson

René de Naurois est né le 24 novembre 1906 à Paris -9ème -étant originaire d'une famille de propriétaires agricoles de Haute-Garonne. Aprés des études universaitaires, il est licencié ès-sciences mathématiques puis licencié en Lettres et Théologie de l'Université de Toulouse. Il effectue une Préparation Militaire Supérieure -spécialité Artillerie- de 1926 à 1928 à Toulouse. Malgré une Réforme temporaire pour raisons de santéqui lui est renouvelée plusieurs fois, il effectue finalement, à sa demande, son service militaire en 1931 comme E.O.R à l' Ecole d'Artillerie de Poitiers.
René de Naurois est ordonné prêtre le 29 juin 1936. Il est nommé aumônier adjoint de la colonie de langue française à Berlin de 1937 à 1939 ce qui lui permet d'observer" in situ" l' application de la doctrine nationale socialiste au pouvoir en Allemagne. Mobilisé en qualité de lieutenant de réserve au 93ème Régiment d'Artillerie de Montagne puis affecté au 1er Bureau de la 1ère Armée pendant la campagne 1939-1940, il est démobilisé le 1er août 1940.
René de Naurois décide alors de rejoindre la France Libre dès la fin juin 1940, il en demande l' autorisation à son évêque, Monseigneur Saliège (qui sera lui-aussi fait Compagnon de la Libération), qui le lui refuse. De 1940 à 1942 il est l'aumônier de plusieurs groupements universitaires en France et, parallèlement, à partir de la fin de l'année 1940, participe activement à la résistance en zone libre, à Pau, à Grenoble, à Toulouse au sein du mouvement "Vérités", qui deviendra le mouvement "Combat", animé par son fondateur Henri Frenay. L' Abbé de Naurois fait de nombreuses prédications contre le National Socialisme, notamment à l' Ecole des cadres d' Uriage dont il est chassé en juin 1941 sur intervention de l' Amiral Darlan. A partir d'octobre 1941 à Toulouse, il constitue un noyau de Résistance groupant des étudiants et des ouvriers et vient en secours aux victimes de la législation antisémite du gouvernement de Vichy. Il entre également en décembre 1941 dans le mouvement de Résistance "Témoignage Chrétien". Au cours de l'année 1942, il organise le sauvetage d' Israélites en leur faisant passer la frontière suisse à Argentières en Haute-Savoie. Ses activités suscitent également à plusieurs reprises l'intérêt de la police de Vichy. Le 6 novembre 1942, les Allemands font une perquisition à son domicile de Toulouse. Interrogé au Groupe Mobile de Réserve, remis en liberté temporaire, il est alors entendu que le père de Naurois devra répondre quelques jours plus tard à un questionnaire adressé directement par Otto Abetz qui avait connu René de Naurois à Berlin en 1937. Celui-ci quitte alors son domicile de Toulouse où les Allemands se présentent vainement cinq fois jusqu'au 15 décembre 1942. L'Abbé de Naurois, traqué par la Gestapo, est cette fois autorisé à se rendre en Angleterre par Monseigneur Saliège.

Il réussit à franchir la frontière espagnole le 26 décembre 1942 et gagne l' Angleterre, où il arrive le 15 mars 1943 (via Gibraltar). Engagé aux Forces Françaises Libres en avril 1943 et bien que d'une santé fragile, il demande à rejoindre les Commandos en qualité d'aumônier, mais il est nommé à la Direction de l'Aumônerie Générale en Grande-Bretagne. Aprés une nouvelle demande, il obtient d'être affecté aux Commandos pour les opérations de débarquement.Il rejoint le 1er B.F.M.C en mai 1944. En qualité d'aumônier du 1er Bataillon de Fusiliers Marins Commandos, il débarque en Normandie, à Colleville le 6 juin 1944, faisant partie, ce jour là, avec ses 177 camarades, des seuls Français à avoir posé le pied sur le sol de Normandie. Avec eux il va enfin réaliser son souhait le plus vif : prendre part avec une unité combattante aux opérations militaires contre l'occupant. Il débarque sur la plage de Colleville avec le Bataillon et sous le feu de l'ennemi administre les derniers sacrements aux blessés et aux mourants, qu'ils soient Français ou Britanniques. Pendant la journée, il remplace volontairement le Capitaine Médecin Lion tué dès les premières heures du combat et se dépense sans compter pour soigner les blessés. Ce seul 6 juin 1944, l'unité du Père de Naurois comptera 40% de pertes. Il assistera ses compagnons tout au long de cette dure campagne de Normandie. Il est omniprésent à leurs cotés. Le 1er novembre 1944, relevant à peine de maladie, il participe, avec son unité, au débarquement de Hollande, sur l' île de Walcheren et à la prise de Flessingue encore occupée par l' ennemi. De fin novembre 1944 au 1er mai 1945 il est en traitement dans un hôpital en Angleterre et le 2 mai 1945, il est de retour au 1er Bataillon de Fusiliers Marins Commandos en Hollande. D'octobre 1945 à mars 1946, il sert à Berlin dans l'Armée d'occupation. Démobilisé, le père de Naurois retourne au diocèse de Toulouse, où il enseigne dans les Facultés libres. Promu Lieutenant-Colonel du cadre de réserve, il fait plusieurs découvertes ornithologiques importantes, en 1959 et 1960, en Mauritanie, qui lui valent d'entrer au CNRS en 1960 dans la section biologie animale. En 1969, il soutient sa thèse de Doctorat d' Etat sur les oiseaux de la côte occidentale d'Afrique et est nommé correspondant du Museum National d'Histoire Naturelle à Paris.Il est l'auteur de nombreux ouvrages et articles sur le sujet. En 1989, il se voit conférer le titre de "Juste parmi les nations" par le Mémorial de Yad Vashem en Israël pour son action en faveur des juifs pendant l' holocauste.
Il est décédé à l'age de 99 ans
le jeudi 12 janvier 2006 à Brunoy (Essonne). Il est enterré le 17 janvier suivant au cimetière de Ranville - Première commune libérée en 1944 - aux côtés de ses camarades Commandos selon son voeux. Il était le dernier Compagnon de la Libération vivant du 1er B.F.M.C.

SES DECORATIONS:
• Commandeur de la Légion d'Honneur
• Compagnon de la Libération - décret du 17 novembre 1945
• Croix de Guerre 1939-45 (2 citations)
• Military Cross (GB)
• Officier de l'Ordre National de la République Islamique de Mauritanie

Une des dernières photos du Bon Père René de Naurois aux côtés de son petit neveu Alexandre Poussin que nous remerçions pour nous avoir autorisé à diffuser ce document sur notre Site.
C'était en fin 2005. On retrouve bien sur ce cliché le visage rayonnant du Père, qui fut tout au long de sa vie un preux chevalier des temps modernes dont il fait bon s'inspirer de nos jours. Il correspondait en tous points à cette Chevalerie que fut la " France-Libre "où le soucis de l'homme et de la Liberté avait mené ses membres à offrir leur jeunesse et leur avenir pour les générations futures. Ce combattant "sans armes" en possédaient d'autres: ardeur, volonté, courage, générosité, don de soi, grande attention envers les autres. Merci Père, de tout coeur, nous ne vous oublierons jamais.

 

Le livre du Père de Naurois écrit lors du 60è Anniversaire du Jour-J (cliquez ici)

LE LIEUTENANT PAUL CHAUSSE


Paul Chausse est né prés de Granville en janvier 1915. Il s'engage dans la Marine en 1932 et se voit démobilisé en 1937 aprés cinq ans de service. En 1939 il est mobilisé, participe à l'évacuation de la poche de Dunkerque et rejoint ainsi la Grande Bretagne où dés son arrivée il rallie le Général de Gaulle. IL s'engage alors aux Fusiliers-Marins et participe aux campagnes d'Afrique Equatoriale et du Moyen-Orient.

De retour en Grande Bretagne en 1943 il rejoint les Commandos. Aprés un dur entrainement en particulier à Achnaccary à la fameuse ecole des commandos, il reçoit le commandement d'une Section. En janvier 1944 il commande un Groupe qui effectue le raid "Hardtack 26" sur Middelkerque ( nuit du 20 au 21 janvier 1944) en Belgique.


Le Sergent Major Paul Chausse appartient à la Troop N°8 du Lt LOFI lorsqu'il débarque à Ouistreham le 6 juin 1944. Participant à tous les combats de son Unité, il mêne le 20 aout 1944 dans le Bois de l'Epine une contre-attaque avec sa
section à la baïonnette

et ramène de nombreux prisonniers.
Aprés 78 jours au front il est ramené en Angleterre pour y préparer le débarquement de Flessingues en Hollande ( novembre 1944)
Entretemps il a été nommé Lieutenant aprés la Campagne de France.
L'important raid de Hollande est destiné à libérer l'embouchure de l'Escaut et à prendre le port d'Anvers.
Rejoignant aprés la guerre la vie civile, il devient Chef du personnel de la Sté Cinzano et continue à ouevrer pour le souvenir de ses camarades.
On lui doit entre autres les magnifiques vitrines du Mémorial des Compagnons de la Libération à Paris consacrées au 1er B.F.M.C.
Il est décédé le 4 mai 2005 à L'Aigle et ses cendres ont été dispersées le 6 juin suivant au dessus de la plage où il avait débarqué 61 ans plus tôt.



SES DECORATIONS:

• Commandeur de la Légion d'Honneur
• Compagnon de la Libération - décret du 17 novembre 1945
• Croix de Guerre 1939-45 (3 citations)

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